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Ordre Templier, Franc-Maçonnerie, Rennes le Chateau, secte et Dupont de Ligonnès

  • guillaumemichel202
  • il y a 3 heures
  • 4 min de lecture

Ordre Templier, Franc-Maçonnerie, Rennes le Chateau, secte et Dupont de Ligonnès… Réunir tous ces éléments dans une seule et même affaire : une intrigue improbable, et pourtant bien réelle.

 

Le 31 juillet 2026, sans que l'on en saisisse d'emblée la raison, le site 450.fm s'est senti obligé de relater l'inauguration d'une nouvelle commanderie templière en France, en s'appuyant sur un article paru quelques jours plus tôt dans le quotidien « Midi Libre ». 450.fm livre alors une longue réflexion sur l'idéal chevaleresque, se demandant si cette initiative saura perpétuer fidèlement les valeurs de l'Ordre du Temple ou s'il ne s'agit que d'une structure administrative de plus, dénuée de toute ambition spirituelle.

Le texte se conclut par cette phrase :

« Un acte peut créer une commanderie. Seuls le temps, l’œuvre accomplie et la qualité des hommes et des femmes qui la composent pourront en faire un véritable Temple. »

 

Justement, n’attendons pas et examinons dès aujourd'hui la solidité des fondations de ce nouvel Ordre.

Une première interrogation s'impose : pourquoi 450.fm s'est-il intéressé à cet événement ? Dans l'article original du « Midi Libre », daté du 26 juillet 2026, nous apprenons que le commandeur pour la France se nomme Jacques Sarrot. Dès les premières lignes, une précision singulière attire l'attention :

« La différence avec les francs-maçons est que, chez les Templiers, c’est le Christ qui est au centre, alors que, chez les francs-maçons, c’est l’Homme qui est au centre. La cérémonie de consécration de la Commanderie de France de l’Ordre, connue sous le nom de "Chevaliers de Saint-François", s’est déroulée à Uzès. »

Pourquoi cette comparaison soudaine avec la franc-maçonnerie ? L'article ne précise pas à qui attribuer ce constat.

 

Émane-t-il du commandeur Jacques Sarrot lui-même ? L'homme semble en effet rompu aux usages maçonniques, au point de paraître en faire partie : dans un commentaire publié sur Amazon à propos de l'ouvrage « Le Secret de la chevalerie » du martiniste Victor-Émile Michelet, il concluait ainsi par la formule rituelle consacrée : « J’ai dit. »

 

 

 



 

À moins que ces propos ne reviennent au nouveau chevalier investi, Jean-François Romeuf, praticien thérapeute en « magnétisme quantique ». Ce dernier concède volontiers son passé maçonnique et la proximité des deux démarches : « J’ai déjà été franc-maçon et c’était le même style de travail qu’on mène : réflexion sur la Bible, les mots utilisés dans la Bible, les évolutions à travers les siècles dans les traductions de l’araméen au latin puis au français. »

 

Notons au passage que parmi les nouvelles recrues de la commanderie française, l'article indique un certain Alain Laville Curéon. Ancien directeur du Tour cycliste féminin international, il siège comme élu du Rassemblement National au Teil (dans l'Ardèche) depuis 2020, (est finalement exclu du RN en 2022).

 

Mais au fait, quel est le nom exact de cet ordre templier ?

Dans son article, le « Midi Libre » se contente d'un mystérieux sigle : « VEOSPSS ». Il s'agit en réalité du « Prieuré de France ou Chevaliers Blancs de Seborga - Venerabilis Equester Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri ».

La clé de l'énigme réside dans le titre de « Chevaliers Blancs de Seborga ». Seborga est un petit village perché en Italie qui se revendique, depuis des décennies, comme une principauté indépendante.

 

Déclarée en 2015, la branche française de cette association a établi son siège social à Sospel, dans les Alpes-Maritimes.

 

Son président n'est autre que Richard Tirole, également Grand Prieur pour la France du VEOSPSS. Passionné par le mystère de Rennes-le-Château, il a notamment fait l'acquisition de bancs de l'église de l'abbé Saunière, aujourd'hui réinstallés à Seborga :

 

Or le village de Seborga est connu pour être le siège d’une « secte » : « Alvenia », un mouvement dont les membres ne passent pas inaperçus avec leurs tenues blanches. Les adeptes annoncent l'arrivée sur Terre d'une ère divine et voue un culte à Notre-Dame d'Alvenia.

Comme on peut le voir dans le reportage ci-dessous, un certain Michel Imperiali est le président d’Alvenia, et le fondateur est Stéphane Ravel d'Estienne, ancien médecin homéopathe radié de l’Ordre des médecins pour pratiques douteuses.

 

Autre fait troublant, à la même adresse de l'association française VEOSPSS, se trouve enregistrée une société civile immobilière, la SCI Sagephie, dont un apport de fonds est fait justement par Stephane Ravel d'Estienne :


 

 

De même, Michel Imperiali y apparaît également, à une certaine époque, comme associé :

 

L'ordre templier VEOSPSS des « Chevaliers Blancs de Seborga » ne serait-il donc, en fin de compte, qu'une émanation ou un simple cache-sexe pour le mouvement Alvenia ?

 

Comme nous l’apprends l’article ci-dessous, l'affaire prend une tournure plus ténébreuse encore : en octobre 2020, des enquêteurs de la police se sont déplacés à Seborga pour évaluer une piste selon laquelle Xavier Dupont de Ligonnès aurait trouvé un refuge temporaire au sein de la « secte » Alvenia.

En effet, Stéphane Ravel d’Estienne « entretient des liens privilégiés avec les proches de Xavier Dupont de Ligonnès. En effet, le couple Ravel d’Estienne aurait même apporté un soutien financier à la famille de Xavier Dupont de Ligonnès à la fin des années 1970 » :

 

 

Pour compléter le tableau, une autre affaire judiciaire entache le hameau italien : selon « Ouest France », deux frères d'origine normande, Nicolas et Martial Mutte ont été mis en examen pour escroquerie en bande organisée et usage de faux. Se revendiquant prince et chancelier d’une principauté d’opérette, Seborga, ils sont soupçonnés d’utiliser le rêve de fonder une micro nation pour empocher les fonds d’investisseurs.

En janvier 2020, ils ont finalement été expulsés de leurs maisons par l’entrepreneur parisien Alexis Ravel d’Estienne, dont le père, Stéphane Ravel d’Estienne, avait mis à disposition plusieurs logements au pseudo-souverain et à son entourage. Les deux frères avaient embarqué Stéphane Ravel d’Estienne dans leur rêve de nouvel état. « À la tête d’une mini-secte inspirée des Templiers, Stéphane, fortuné, s’était établi dans le hameau italien, dans les années 2010, où il avait acheté plusieurs habitations » :

 

 

 

 
 
 

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